Médias

Journée de la liberté de la presse 2026 : L’UPM appelle à défendre une presse libre face aux défis contemporains

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2026 à la HAAC, le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin, Hervé Prudence Hessou, a dressé un état des lieux sans complaisance du secteur. Entre acquis démocratiques et défis persistants, il a appelé à une mobilisation collective pour préserver l’indépendance et la crédibilité des médias béninois.

Réunis le dimanche 3 mai 2026 au siège de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), professionnels des médias, autorités et partenaires du secteur ont marqué la Journée mondiale de la liberté de la presse dans un contexte mondial et national en mutation. Dans son allocution, Hervé Prudence Hessou, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin, a rappelé la portée symbolique et stratégique de cette journée instituée par les Nations Unies.

Au-delà de la commémoration, le 3 mai constitue, selon lui, un moment de réflexion sur l’état de la liberté de la presse, mais aussi un appel à la vigilance face aux menaces qui pèsent sur l’indépendance des médias. Il a insisté sur la nécessité de rendre hommage aux journalistes victimes de répression à travers le monde, tout en sensibilisant à l’importance d’un journalisme libre et responsable.

Placée sous le thème « Façonner un avenir en paix », l’édition 2026 met en lumière le rôle central des médias dans la construction d’une société apaisée. Pour Hervé Hessou, cet objectif passe par le renforcement des écosystèmes d’information, intégrant journalisme, technologies, notamment l’intelligence artificielle, et respect des droits humains. Il a relayé les recommandations de l’UNESCO appelant à une collaboration étroite entre journalistes, décideurs et société civile afin de lutter efficacement contre la désinformation.

Le Bénin face aux difficultés de la presse

Au plan national, le président de l’Union a reconnu que le Bénin demeure une référence démocratique dans la sous-région, où la liberté de la presse constitue un pilier de l’État de droit. Toutefois, il a souligné que cette réalité ne doit pas masquer les difficultés auxquelles font face les acteurs du secteur. Parmi celles-ci figurent un cadre normatif jugé peu favorable, la précarité économique des entreprises de presse, ainsi que les conditions de vie et de travail souvent difficiles des journalistes.

Il a également évoqué les mutations profondes liées à l’essor du numérique et des réseaux sociaux, qui favorisent la prolifération des fausses informations. À cela s’ajoutent des préoccupations persistantes en matière de sécurité des professionnels des médias et d’accès équitable à l’information publique.

Face à ces défis, Hervé Prudence Hessou a appelé à une responsabilité partagée. Aux journalistes, il a recommandé rigueur, respect de l’éthique et engagement dans la lutte contre la désinformation. Aux entreprises de presse, il a demandé d’améliorer les conditions de travail et de renforcer la professionnalisation. Il a également exhorté les autorités à consolider les acquis démocratiques et à garantir un environnement favorable à une presse véritablement indépendante.

Le public n’a pas été oublié dans cet appel collectif, avec une invitation à faire preuve d’esprit critique et à adopter un usage responsable de l’information.

En conclusion, le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin a rappelé que la liberté de la presse reste une conquête permanente. Il a insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité du métier de journaliste, considérée comme le socle de toute action médiatique durable.

Ambroise AMETOWONA

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