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Bénin : les anciens boursiers de la DAAD à l’école de la protection de la propriété intellectuelle

Les anciens boursiers du Service allemand d’échanges universitaires (DAAD en allemand) sont en atelier de formation depuis ce jeudi 06 octobre au Bénin Atlantic beach hôtel de Cotonou. L’objectif de ce creuset d’échange est de se former et de s’informer sur la protection de la propriété intellectuelle.

C’est désormais une tradition. Après avoir été soutenu financièrement pour étudier, les Alumni du DAAD se réunissent périodiquement en atelier pour partager leurs expériences et leurs idées. Cette année, le thème qui a meublé les échanges est intitulé « La protection de la propriété intellectuelle pour une Afrique émergente ». Une quarantaine de participants dont des chercheurs et des innovateurs ont répondu présents à cette invitation. Selon les organisateurs de cet atelier, le choix du thème n’est pas anodin. « La propriété intellectuelle est un sujet assez intéressant dans le contexte actuel. Nous sommes dans un environnement fortement concurrentiel, marqué par beaucoup d’innovations et de créations. Nous avons donc voulu nous informer sur les voies et moyens légaux pour protéger nos créations et innovations. Nous savons qu’il y a des structures chargées de protéger la propriété intellectuelle mais peu d’inventeurs sont informés sur la conduite à tenir pour protéger le fruit de leurs réflexions », a souligné Eudon-Marcus Ahokpossi, ancien boursier et responsable du comité d’organisation.

Plusieurs présentations sont au programme de cette rencontre : Fondements et évolution de la propriété intellectuelle, outils de protection de la propriété intellectuelle, impact d’un bon système de protection sur le développement économique d’un pays, tous les ingrédients sont prévus pour permettre aux participants de trouver des réponses à leurs préoccupations.

A la question de savoir si protéger ces œuvres est un avantage pour les inventeurs, Jean-Baptiste Lalèyè n’a pas de doute. « La protection de la propriété intellectuelle à de nombreux avantages » a répondu ce cadre de la Structure nationale de liaison (SNL) avec l’Organisation africaine de protection intellectuelle (OAPI) au Bénin avant de poursuivre. « Lorsqu’on invente quelque chose, c’est d’abord pour répondre à un besoin de la population. Dès qu’un inventeur protège ce qu’il a conçu, il bénéficie des droits exclusifs sur son utilisation. Du point de vue économique aussi, il peut aller à l’industrialisation en recourant à l’industrialisation et la commercialisation des produits inventés. »

En dépit de ces avantages, peu de chercheurs s’engagent vers la protection de la propriété intellectuelle au Bénin. Selon les statistiques de la Plateforme bibliographique des enseignants-chercheurs de l’Université d’Abomey-Calavi (Bec-Uac) reprises dans le « Diagnostic du système d’innovation et renforcement des capacités des acteurs de recherche sur la valorisation et la protection des innovations au Bénin » (VaBRINOV), seulement trois brevets certifiés ont été délivrés sur près de six mille articles et publications scientifiques en 2020. Ces chiffres sont, selon Cyrille Houndjè, un autre cadre de la Structure nationale de liaison (SNL) avec l’Oapi au Bénin, que « beaucoup d’inventeurs béninois ne comprennent pas encore l’enjeu lié à la protection de la propriété intellectuelle ». Cyrille Houndjè assure néanmoins que la tendance a commencé à changer. A titre illustratif, « pour ce qui concerne le dépôt des marques, environ 90 dossiers ont été enregistrés et 10 brevets ont été délivrés à des inventeurs béninois en 2021. »

Rodolphe Layodé, ancien boursier du DAAD s’est réjoui des bienfaits de cet atelier entièrement financé par le DAAD avec des fonds du Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement. « Je sais désormais qu’il est possible de protéger mes œuvres pour bénéficier des droits d’auteur. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que la protection industrielle prend même en compte les artisans. Je pense qu’il est temps de faire connaitre à nos concitoyens leurs droits sur la protection de la propriété intellectuelle pour qu’il puisse jouir du fruit de leurs efforts. » a-t-il affirmé.

Herman AHOUANDE

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