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Finances : Romuald Wadagni, la montée en puissance

A l’annonce, en juin 2021, du premier gouvernement du second quinquennat du président Patrice Talon, il y a un fait marquant qui n’est pas passé inaperçu : la montée en puissance de Romuald Wadagni dans l’équipe gouvernementale.

Presque tous les Béninois s’accordent à le dire : Romuald Wadagni, le fringant argentier national, a gagné le jackpot. Elevé au rang de ministre d’Etat, avec des prérogatives élargies et une présence renforcée au sein de la nouvelle équipe gouvernementale, il talonne désormais Abdoulaye Bio Tchané, jusqu’alors seul ministre d’Etat de l’Exécutif béninois. Son portefeuille ministériel, déjà assez nanti, s’étoffe de nouvelles structures stratégiques arrachées des mains principalement de son homologue en charge du développement. C’est le cas, entre autres, de l’Institut national de la statistique et de la démographie (ex-Insae) et de la Direction générale du financement du développement. Et avec la disparition du ministère en charge de la communication, la Poste du Bénin, une des plus vieilles entreprises publiques, tombe également dans l’escarcelle du ministère de l’économie et des finances.

Des efforts récompensés

Cependant, confie un proche collaborateur du président Patrice Talon, la fulgurante ascension du ministre d’Etat Romuald Wadagni n’est guère fortuite. Bien au contraire, insiste-t-il, elle est l’aboutissement des efforts d’un jeune cadre méritant. Et depuis avril 2016 où il a pris les rênes du stratégique ministère de l’économie et des finances, cet ancien cadre du cabinet international Deloitte engrange les succès, et multiplie les innovations. C’est ainsi que sous sa direction, le Bénin a opté pour « une politique de gestion proactive de la dette, avec des sorties réussies sur le marché financier international et, surtout, des réformes visant à l’optimisation des dépenses et des recettes ». En 2021, il engage le pays dans une opération audacieuse en émettant un instrument obligataire en euros à la maturité la plus longue jamais atteinte par un émetteur souverain africain. Cette émission, selon une note de Financial Afrik, a permis de racheter des dettes sur le marché financier régional et de dégager des économies de 36 milliards de FCFA destinés à l’investissement dans des secteurs à fort impact social.

Pour 2022, le Bénin projette une croissance de 7 %, ce qui, à en croire les spécialistes, représente l’un des taux les plus élevés sur le continent africain. Cette progression, précise un conseiller technique du Mef,  est le fruit de cinq années de dur labeur. De 2016 à aujourd’hui, Romuald Wadagni et son staff se sont employés, parfois dans la douleur, à mettre en œuvre une batterie de mesures de renforcement du système de gestion des finances publiques. Ainsi dans sa quête de mobilisation des ressources internes et de rationalisation des dépenses publiques, le gouvernement béninois, par le biais du Mef, est passé à la vitesse supérieure : création de la plateforme d’échanges de données entre les services des douanes et ceux des Impôts, adoption de la valeur transactionnelle, introduction des machines électroniques de facturation de la Tva, création et opérationnalisation de la caisse des dépôts et consignations du Bénin, activation du système Intégré de gestion de la paie, création de la cellule des voyages officiels, réalisation du dispositif du crédit-bail pour la gestion du parc automobile de l’Etat, gestion budgétaire axée sur les programmes pour une meilleure qualité de la dépense…

Champion de l’assainissement des finances publiques

En accord avec le chef du gouvernement dont il bénéficie de l’entière confiance, Romuald Wadagni met alors l’accent sur trois mesures d’assainissement des finances publiques. Primo, il procède à la réorganisation et à la professionnalisation des corps de contrôle de l’Etat. Secundo, il entreprend la promotion de la transparence budgétaire et du développement de mécanismes de contrôle citoyen de l’action publique. Et tertio,  il œuvre à l’amélioration du dispositif de gestion de la dette. D’ailleurs en 2019, le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale ont décerné au Bénin le prix du meilleur gestionnaire de la dette publique. Mieux, en 2020, le Bénin a été classé par la Banque mondiale comme premier parmi les 76 pays bénéficiant du financement Ida.

De même, sous la houlette de l’argentier national, l’Etat béninois a consenti des efforts appréciables dans le remboursement des dettes intérieures. Outre le payement progressif des dettes envers les prestataires de l’Etat, le Mef s’est attelé à rembourser les dettes sociales. Sur un total global de 173 milliards FCFA dus aux travailleurs et retraités avant 2016, 87 milliards FCFA ont été effectivement payés, soit plus de 50%. Toutes ces avancées notables portent la signature de Romuald Wadagni, un prodige du gotha mondial de l’économie et des finances. Quasi inconnu du grand public béninois il y a encore quelques années, ce diplômé de la Haward Business School, comptable agréé en France et Certified Public Accountant aux États-Unis, fait aujourd’hui figure de grand favori pour la succession de son patron en 2026. Mais ça, c’est une autre paire de manche…

Manlonhan R. HODE

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