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Bénin : La paix en danger

Disons-le tout de go : la paix est en péril. Ce qui semblait être, jusqu’à un passé récent, l’héritage sacré de notre vivre-ensemble est foulé au pied. C’est un bien cher à tous les Béninois, d’ici et d’ailleurs. Mais aujourd’hui, prise en otage, la paix est malmenée, ballotée, violentée de toutes parts avec toutes ses conséquences désastreuses.

Les images de scènes d’émeutes et de vandalisme, distillées parfois à dessein sur les réseaux sociaux, n’honorent personne. Bien au contraire, elles exposent la bestialité des émeutiers et autres vandales commis à la tâche.

Au départ, c’étaient des appels à manifester pacifiquement. Mais à l’arrivée, ce sont des casses avec son lot funeste de maisons incendiées, d’infrastructures démolies, de biens privés saccagés, de voies barricadées, de vies menacées, de risques d’affrontements fratricides.

Ces faits d’une gravité extrême interpellent la conscience collective, et incitent à la retenue. Car le pire se pointe à l’horizon. Et ça sent le roussi. Même les assurances répétées du premier d’entre nous, ne suffisent pas à elles seules pour apaiser les esprits surchauffés et les inquiétudes légitimes d’une population apeurée. Les indicateurs sont plus que jamais au rouge. Il est alors du devoir citoyen de tous de tirer la sonnette d’alarme, et de plaider pour un retour au calme, à la quiétude.

Au demeurant, nul n’a le monopole de la violence. Et c’est connu et vu ailleurs, la violence appelle la violence. Pour notre propre gouverne, sachons-le une fois pour toute, la folie meurtrière activée, avec la complicité de certaines chapelles politiques, n’épargnera personne. Ni gouvernants ni gouvernés. « Qui sème le vent, récolte la tempête », prévient la sagesse.

L’issue de cette guéguerre fratricide est connue d’avance : ni vaincu ni vainqueur. Quel est l’intérêt alors de s’entretuer avant de se retrouver sous l’arbre à palabre pour dialoguer. C’est maintenant qu’il faut taire les rancunes, et ouvrir la voie au dialogue et à la réconciliation. Peu importe le format, mais il urge de briser la glace.

Sauf à mimer l’aveugle, il est aisé de faire un constat : les signaux de la fracture socio-politique sont là, parlants, têtus. Ne permettons donc pas au vent de la discorde de souffler sur les petites étincelles, incandescentes par ci et par là, jusqu’à les transformer en flammes. Le feu, grand ou petit, fait toujours des ravages. Il brûle le matériel, et consume l’esprit.

Au regard de la tournure des événements, doublée du jusqu’au-boutisme des faucons de tous les camps tapis dans l’ombre, il n’est point opportun de faire la chasse aux coupables. Pour faire court et simple, admettons humblement que chacun d’entre nous à sa part de responsabilité dans la tragédie en cours. Du sommet de l’État au citoyen lambda, nous avons trahi la mémoire de nos pères.

Le Bénin est un havre de paix, une paix à préserver à tout prix. Et gagner la guerre de la paix est à notre portée. Elle passe simplement par une prise de conscience collective de tous les enfants du Bénin debout. Ce n’est pas anodin, si une des opérations phares de la Grande Muette est baptisée « Paix sur le Bénin ».

La balle est dans notre camp. La paix aussi…

Manlonhan Rodrigue HODE

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