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RDC : Les manœuvres malsaines de François Beya

En République démocratique du Congo (RDC), après la fin de la Coalition CACH-FCC qui a conduit Félix Tshisekedi au pouvoir en 2019, la fissure entre l’actuel président et son prédécesseur Joseph Kabila s’accentue chaque jour un peu plus.  François Beya le puissant ‘’Monsieur Sécurité’’ du pouvoir congolais vise à torpiller le jeu politique.

En 2019, à l’accession de Felix Tshisekedi à la magistrature suprême congolaise, François Beya Kasongo qui était jusque-là patron de la Direction Générale de Migration (DGM), et membre influent de l’entourage de Joseph Kabila, gagne en galons. Il est nommé Conseiller Spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité. Au sein du cabinet présidentiel, ce sécurocrate gère les dossiers sensibles mais son rôle majeur a été d’être la courroie de transmission entre Felix Tshisekedi et son allié Joseph Kabila. Cette position transversale fait de lui l’homme clé du système Tshisekedi. En RDC, François Beya qui bénéficie du double avantage de pouvoir murmurer à l’oreille aussi bien de Tshisekedi que de son prédécesseur Kabila, devient donc incontournable. Cette position transversale de ‘’Monsieur sécurité’’ dans le dispositif de Tshisekedi a fini par lui donner des idées de superpuissance.

En 2020, lorsque le président Tshisekedi décide de mettre fin à une coalition paralysante ‘’CACH-FCC’’  en s’appuyant sur ses hommes de confiance (l’Honorable Kabund et ses troupes, feu Kitenge Yesu stratège politique du Président Tshisekedi, Bifort Biselele Fortunat,  Dany Banza Maloba, Topain,  Jean Claude Kabongo, Guy Loando Mboyo, Fifi Masuka, Thethe Kabwe), François Beya, lui, garde son poste auprès de l’actuel Chef d’État.

Cependant, derrière ses airs d’homme modéré et de médiateur entre les deux partis de l’ex-coalition présidentielle, François Béya cache un jeu beaucoup plus perfide. C’est un véritable ‘’pouvoiriste’’ qui n’hésite pas à broyer tout ce qui pourrait l’empêcher d’atteindre son objectif : la mainmise totale sur   l’appareil sécuritaire du pays pour le compte du clan Kabila dont il veille encore secrètement aux intérêts en manipulant l’armée et certains opérateurs économiques.

Au sein de l’actuelle majorité présidentielle, certains le soupçonnent même d’entretenir volontairement le climat d’insécurité dans certaines régions de la RDC pour mieux contrôler l’appareil sécuritaire. Exerçant ainsi une sorte de chantage sur l’actuel chef de l’État.

Sabordage de ‘’l’Union sacrée’’

Après la fin de l’alliance Tshisekedi-Kabila, la RDC vit désormais un nouvel air politique. La nouvelle majorité présidentielle se nomme ‘’Union sacrée’’ et a réussi à rallier des poids lourds comme Jean-Pierre Bemba, Moise Katumbi et autres. Mais dans cette ‘’Union Sacrée’’, même s’il occupe toujours le très stratégique poste de Conseiller spécial en matière de sécurité au sein du cabinet présidentiel, François Béya n’est en réalité plus l’incontournable. Le calcul de l’homme est incertain. Il est lucide, l’avènement de l’Union Sacrée lui fait perdre son influence dans le système politique congolais. Ceux qui ont travaillé à la mise en place de cette nouvelle majorité présidentielle ont réussi à démontrer que sans l’entremise de François Beya, le clan Tshisekedi pouvait ramener des poids lourds du clan Kabila dans la nouvelle majorité « Union sacrée », pour cela ils en paieront le prix. François Beya en prend ombrage et se lance dans une course folle pour rattraper son  navire qui inéluctablement est appelé à sombrer. Il décide donc d’aller en guerre contre tous ceux qu’il estime être à l’origine de la création de « l’Union Sacrée ». Dans l’entourage de Tshisekedi, l’on se félicite d’avoir pu œuvrer habilement pour rétablir les relations politiques et diplomatiques dans la sous-région ; permettre au Chef de l’Etat de contrôler les services de renseignements et l’armée dans les nord et sud Kivu ; libérer le Katanga, poumon économique du pays, qui était aux mains de Joseph Kabila et de ses fidèles notamment Zoé Kabila, John Numbi, Albert Yuma et le Gouverneur Muyej. Et tout cela, en se passant des services de François Beya.

A l’approche des grandes échéances électorales, François Beya met en place une véritable machine pour détruire insidieusement tous ceux qui sont en train de réussir progressivement à déboulonner le système Kabila vieux de 18 ans.  A titre d’exemple, l’on a l’affaire Bifort Biselele ou encore l’affaire INVEST CONGO. L’homme d’affaire ivoirien Stéphane Kipré et son entreprise INVEST CONGO ont subi une campagne de dénigrement pour avoir accepté de jouer les missi dominici auprès du Gouverneur Muyej hospitalisé en Afrique du Sud. Dany Banza Maloba, Ambassadeur itinérant du Chef de l’État, Fortunat, Topain, Jean Claude Kabongo, Guy Loando Mboyo, Fifi Masuka vont également tous faire les frais d’un lynchage médiatique savamment orchestré par François Beya. 

La guerre des clans politiques refait surface. Les tensions montent, et il se murmure dans certains milieux diplomatiques en RDC que les hommes qui ont œuvré pour dissoudre la coalition FCC-CACH figurent sur une liste noire de ceux qui, comme François Beya, ont pendant longtemps tiré avantage du partage du pouvoir entre les présidents Kabila et Tshisekedi.

Tout est désormais en marche pour lancer des fausses rumeurs afin de manipuler l’opinion et affaiblir le pouvoir actuel dans l’objectif de mettre à mal l’appareil de l’État.

Kalusha Stanley

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