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Corridor Abidjan-Lagos : la bataille pour un fonctionnement non-stop de la frontière Bénin-Nigeria

À Sèmè-Kraké, frontière clé entre le Bénin et le Nigeria, l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) pousse pour un fonctionnement 24/7. Des horaires hétérogènes freinent le commerce régional, qui pèse 70 % des flux ouest-africains. Cette réunion de restitution expose les failles et trace une voie vers une fluidité vitale pour l’économie.

Le 19 août 2025, l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) réunit acteurs au poste frontalier bénino-nigérian. Objectif : synchroniser les horaires pour un service 24/7. Des constats révèlent une disparité opérationnelle. Les enjeux économiques pèsent lourds. Le corridor, artère vitale représentant 70 % du commerce en transit de la CEDEAO, risque gros sans action immédiate.
Le Corridor Abidjan-Lagos relie cinq pays : Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria. Il canalise flux de marchandises et personnes essentiels à l’intégration économique ouest-africaine. L’OCAL, bras armé de la CEDEAO, pilote la facilitation du commerce et du transport. Des données récentes soulignent un potentiel inexploité : le commerce intra-CEDEAO stagne à 15 % des échanges totaux, freiné par des infrastructures défaillantes. Le transport de biens souffre de délais frontaliers excessifs, coûtant des milliards annuels en pertes.
Cette réunion de restitution suit une mission de consultation en juin 2025. Elle découle d’un atelier régional à Lomé en avril, validant les indicateurs de facilitation. Une visite d’officiel ministériel béninois en mai dernier confirme les dysfonctionnements. L’OCAL cible Sèmè-Kraké comme pilote. Ce poste juxtaposé (PCJ) traite un filet massif de marchandises. Sans synchronisation, l’intégration régionale patine.

Hétérogénéité opérationnelle
Les horaires divergent. Police et douane opèrent 24/24. D’autres services se limitent à 8h-18h. Bénin Control ferme à 23h. Transporteurs et commissionnaires varient selon les besoins. Résultat : des files d’attente interminables. Les Camions stagnent. Des marchandises en souffrance. Et, les voyageurs sont frustrés.
Dr Hortense Me, Secrétaire Exécutive de l’OCAL, expose : « L’absence de synchronisation bloque l’opportunité d’expédier 24h/24 ». Elle insiste sur la consultation auprès d’agences. Des rapports ECOWAS corroborent : les postes frontaliers comme Sèmè-Kraké causent 40 % des retards logistiques en Afrique de l’Ouest. Ces failles minent la compétitivité régionale.

Vers une feuille de route concrète
L’OCAL propose un arsenal. Un plaidoyer institutionnel cible des ministères. La digitalisation des paiements pour accélérer les flux. L’amélioration des conditions de nuit est motivante pour les agents. La réorganisation des parkings et files fluidifie la circulation. La relance du comité de gestion du PCJ coordonne efforts.
Ces actions se déclinent en court, moyen et long terme. Première étape : finaliser la feuille de route. Ensuite, étendre au côté nigérian. Puis, répliquer à d’autres PCJ comme Aflao-Noépé ou Elubo. Dr Me appelle à une collaboration collégiale : « Ensemble, mettons en œuvre cette feuille de route ». Des initiatives passées, comme la mission ECOWAS en 2024 sur les vulnérabilités frontalières, pavent la voie.

Engagement et appels pressants
Dr Hortense Me salue la présence du Directeur des Transports Terrestres et Aériens, Joseph Ahissou. « L’harmonisation exige une vision commune et un engagement collectif », déclare-t-elle. Elle remercie les agences pour leur contribution.

Joseph Ahissou renchérit. Il liste des objectifs : recueillir des données, évaluer les positions, identifier les prérequis. « La synchronisation réduit les temps d’attente et optimise les flux », affirme-t-il. Il vise une concertation binationale avec le Nigeria. Syndicats, douanes et police convergent. Leur participation témoigne d’une volonté partagée, mais expose des appréhensions : les ressources limitées freinent les nuits prolongées.
Dr Me précise : « Nous commençons par Sèmè-Kraké, puis le Nigeria. Tous ensemble, nous-y arrivons. » Elle remercie les acteurs pour leur disponibilité. L’appel résonne : plaidoyer vers tutelles, réunions de comités, collaboration avec chargeurs et transporteurs.

Par Yêdafou KOUCHÉMIN

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