Justice

CRIET : Un policier condamné à cinq ans de prison pour apologie du crime

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, mardi 5 mai 2026, son verdict dans une affaire impliquant un officier de la police judiciaire poursuivi pour apologie du crime. L’agent a été reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de dix millions de francs CFA.

Le prévenu était jugé pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la haine via internet et incitation à la rébellion ». Son arrestation s’inscrit dans le contexte du coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon en décembre 2025.

Selon les éléments du dossier, le policier, en service à la Direction de la police judiciaire, avait publié un message dans un groupe WhatsApp le 7 décembre 2025, au lendemain des faits. « Le prototype des Béninois, il ne faut jamais prendre des risques en leur noms. Si vous réussissez, ils vont vous applaudir mais si vous échouez c’est les mêmes qui vont vous condamner », avait-il écrit dans ce groupe composé notamment de jeunes de Tanguiéta.

Pour la Cour, ce message s’apparente à un soutien aux auteurs de la tentative de putsch. Une interprétation contestée par le prévenu, qui a plaidé non coupable tout au long de la procédure. À la barre, il a reconnu être l’auteur du message, tout en rejetant toute intention d’encourager les militaires impliqués. « Je n’ai aucune intention de soutenir », a-t-il affirmé, expliquant avoir voulu mettre fin aux débats et calmer les échanges au sein du groupe.

Ces arguments n’ont pas convaincu le ministère public. La substitut du procureur spécial a estimé qu’en sa qualité d’officier de police judiciaire, le prévenu était tenu à une obligation de retenue. Selon elle, il aurait dû s’abstenir de toute prise de position, d’autant plus qu’il maîtrise les textes de loi. Elle a exprimé ses regrets de voir un agent chargé de faire respecter la loi se retrouver dans une telle situation.

En rendant sa décision, la CRIET a suivi cette analyse en reconnaissant la culpabilité du policier sur l’ensemble des faits. Le condamné dispose désormais d’un délai de quinze jours pour interjeter appel de ce jugement.

Ambroise AMETOWONA

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