Lancement de WACA+ : 13 000 emplois attendus et des côtes mieux protégées au Bénin et en Mauritanie

Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé, le 17 mars 2026 à Washington, un financement global de 240 millions de dollars pour lancer la première phase du Programme régional pour l’économie bleue et la résilience des zones côtières (WACA+). À la clé, la protection de plus de 530 000 personnes et la création attendue d’environ 13 000 emplois au Bénin et en Mauritanie.
Ce financement combine 207 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), 5 millions issus du fonds fiduciaire PROBLUE et 28 millions de capitaux privés. L’ambition est double : renforcer la résilience des littoraux face aux effets du changement climatique et stimuler une croissance économique durable, tirée notamment par le secteur privé.
Les zones côtières ouest-africaines, qui concentrent plus de 360 millions d’habitants, constituent un pilier essentiel de l’activité économique régionale. Mais elles subissent une pression croissante, notamment dans des secteurs clés comme la pêche, le tourisme, l’aquaculture ou les services portuaires.
Face à ces défis, le programme WACA+ se veut une réponse intégrée. « Les communautés côtières d’Afrique de l’Ouest sont en première ligne face aux changements climatiques, confrontées à la perte des écosystèmes et des actifs économiques dont elles dépendent. WACA+ apporte la réponse intégrée qu’exigent ces défis », déclare Chakib Jenane, directeur régional de la Banque mondiale pour le pôle de compétence Planète. « En investissant dans les infrastructures de protection côtière, dans les capacités nationales de gestion du littoral et dans les petites entreprises, le programme contribuera à réduire l’exposition à l’érosion côtière et aux inondations pour plus de 530 000 personnes et à créer des milliers d’emplois de meilleure qualité. »
Des interventions ciblées au Bénin et en Mauritanie
Au Bénin, les interventions cibleront notamment la stabilisation de l’estuaire de la Bouche du Roy et de l’embouchure du fleuve Mono, des zones stratégiques pour l’habitat, l’agriculture, le tourisme et les infrastructures de transport. En Mauritanie, l’effort portera sur le renforcement de la bande dunaire protégeant Nouakchott, afin de réduire les risques d’inondation dans des zones densément peuplées.
Au-delà des infrastructures, le programme mise sur la restauration des écosystèmes, avec jusqu’à 3 000 hectares de mangroves et de zones humides concernés. L’objectif est d’améliorer la productivité halieutique, de limiter les impacts des tempêtes et d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’écotourisme et l’aquaculture.
Le pari du secteur privé et des compétences locales
Le secteur privé occupe une place centrale dans cette stratégie. WACA+ prévoit un accompagnement des micros, petites et moyennes entreprises, ainsi que des coopératives et associations de producteurs, à travers des formations, du coaching et une assistance technique. Les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes sont particulièrement ciblées.
D’ici 2031, plus de 31 000 personnes devraient bénéficier de ces dispositifs de renforcement des capacités. Le programme intègre également des mécanismes financiers innovants pour faciliter l’accès au crédit, notamment en Mauritanie, où une garantie partielle devrait permettre de mobiliser jusqu’à 20 millions de dollars de prêts en faveur des entreprises de transformation du poisson.
À terme, les retombées économiques attendues concernent plusieurs secteurs, dont la pêche, l’aquaculture, l’hôtellerie, la logistique ou encore les activités de restauration des écosystèmes. Les emplois créés devraient être mieux rémunérés et plus durables, avec une attention particulière portée à l’inclusion des femmes et des jeunes.
Une dynamique régionale pour des défis communs
Au-delà des actions nationales, WACA+ s’inscrit dans une dynamique régionale. « Aucun pays ne peut lutter seul contre l’érosion côtière ou bâtir une économie bleue florissante. Les forces qui façonnent le littoral ouest-africain ne connaissent pas de frontières, et les solutions doivent être à leur image », affirme Marina Wes, directrice par intérim de la Banque mondiale pour les programmes régionaux. « WACA+ constitue une véritable plateforme régionale, reliant les pays entre eux, harmonisant les politiques et mobilisant une expertise partagée pour protéger les communautés côtières, soutenir la création d’emplois et stimuler une croissance durable dans toute la région. Cette coopération est indispensable pour préserver le littoral commun et ouvrir de nouvelles perspectives d’emplois à des millions de personnes. »
Le programme s’appuie sur les acquis des phases précédentes de l’initiative WACA, tout en élargissant son ambition. À terme, il vise à protéger plus de 1,3 million d’hectares d’espaces marins, renforcer la résilience de plus de 850 000 personnes et soutenir plus de 50 000 emplois à l’échelle régionale.
Franck-Marie AGOSSOU



