
L’exercice de simulation Metropolis 2025, organisé par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) béninoises le 21 mars 2025 sur la plage de Ouidah, est une initiative conjointe impliquant la Police Républicaine et les Forces Armées Béninoises. Cet exercice s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer les capacités opérationnelles face aux menaces sécuritaires contemporaines, notamment le terrorisme en milieu urbain.
Sous un soleil brûlant et face aux vagues de l’Atlantique, la plage de Ouidah s’est transformée le 21 mars 2025 en théâtre d’une simulation grandeur nature. L’exercice Metropolis 2025, orchestré par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) béninoises, a mobilisé la Police Républicaine et les Forces Armées Béninoises [toutes ces composantes : navale, l’aérien, les unités terrestres, Garde nationale, dans une démonstration de force et de coordination visant à contrer une attaque terroriste fictive.
Entre sirènes hurlantes et déploiement tactique, cette simulation marque une nouvelle étape dans la préparation du Bénin face aux menaces sécuritaires qui planent sur la région. Mais au-delà des uniformes et des armes, une opération parallèle de soins gratuits a aussi capté l’attention, révélant une ambition plus large : allier sécurité et proximité avec les citoyens.
Un scénario réaliste pour une menace pressante
Dès 9 heures, la plage habituellement paisible de Ouidah, célèbre pour sa Porte du Non-Retour et récemment pour son arène, a vibré sous les ordres des officiers et le ballet des unités spécialisées. Le scénario : une attaque terroriste simulée en milieu urbain, un défi que les autorités béninoises veulent relever alors que le spectre du jihadisme s’amplifie dans le Sahel voisin. Les cas des attaques de la plage de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire et du Radison Blue à Bamako au Mali ont inspiré la simulation. Des assaillants fictifs ont tenté de semer le chaos dans cette zone touristique. Des personnes en villégiature sont tués avant que le commando de malfaiteurs se retranche dans un hôtel très fréquenté, situé dans les encablures de l’arène, prenant les occupants en otage. Cette situation urgente oblige les FDS à sécuriser les lieux, neutraliser la menace, libérer les otages et protéger une population imaginaire. « Cet exercice teste notre capacité à réagir vite et ensemble pour maximiser la sécurité à une population qui n’aspire qu’à la paix », déclare le Colonel Pascal Afouda, directeur de l’exercice, le visage marqué par la concentration.

Ce n’est pas la première fois que le Bénin organise un tel manœuvre. Metropolis 2025 fait suite à une première édition qui avait déjà mis en lumière l’importance de la préparation. Mais cette année, le choix de Ouidah, ville côtière et symbolique, ajoute une couche de complexité : un espace ouvert, une foule potentielle et un accès maritime qui pourraient compliquer une intervention réelle. Les unités ont dû démontrer leur agilité dans un cadre aussi stratégique que vulnérable.
Une réponse à un contexte régional tendu
Le timing de Metropolis 2025 n’a rien d’un hasard. Alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger luttent contre des groupes armés qui gagnent du terrain, le Bénin, jusqu’ici relativement épargné, ne veut pas être pris au dépourvu. « Cette manœuvre prépare les Forces de Défense et de Sécurité à une éventualité d’une action terroriste en plein cœur d’une grande ville à mieux réagir », a insisté le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense lors d’un point presse en amont.
Les incursions dans le Nord du pays ces dernières années, bien que limitées, ont sonné l’alarme. Cet exercice s’inscrit donc dans une stratégie proactive pour éviter que les grandes villes ne deviennent des cibles. Alassane Séidou, Ministre de la Sécurité publique salue l’initiative d’habituer les DFS à travailler en synergie pour garantir la sécurité. « Il faut mettre les Forces Armées béninoises et la Police ensemble pour que la synergie soit une habitude », soutient-il, exhortant à un travail continu facilitant l’aptitude des agents à résoudre les vrais problèmes de sécurité.
Les simulations d’intervention en milieu urbain viennent en renfort à celles organisées en raz-de-campagne depuis 8 ans pour préparer les FDS à des attaques dans des zones rurales ou frontalières, là où le danger est plus immédiat. « …En prévenance à la survenance de crise en zone urbaine, il faut mettre en place la coordination et roder les stratégies de riposte », insiste le Général de Division, Fructueux Gbaguidi, Chef d’État-Major Général des armées. Une approche réaliste qui souligne l’ampleur du défi.
Au-delà des armes, des soins pour les citoyens
Metropolis 2025 ne s’est pas contenté de faire parler la poudre – ou plutôt les cartouches à blanc. En parallèle, du 19 au 21 mars, l’esplanade de la mairie de Ouidah a accueilli des Actions Médicales Gratuites (AMG) organisées par les FDS au profit les habitants environnant. Médecine générale, chirurgie dentaire, ophtalmologie, etc. : des dizaines de professionnels militaires de santé ont offert leurs services à la population locale. « J’ai enfin pu faire vérifier mes yeux, c’est une bénédiction », confie Marie, une habitante de 52 ans, sourire aux lèvres, comme des centaines de patients venus en consultation.
Cette opération, bien plus qu’un simple geste de communication, illustre une volonté de tisser un lien de confiance avec les citoyens. Dans un pays où les forces de sécurité sont parfois perçues comme distantes, voire répressives, ces initiatives humaines pourraient changer la donne. « On protège, mais on soigne aussi », peut-on résumé le médecin militaire, Lieutenant Gloria Dakè, stéthoscope autour du cou.

Une ambition louable, mais aller plus loin…
L’exercice Metropolis 2025 impressionne par son sérieux et son ampleur. La coordination entre la police et l’armée, si elle n’est pas encore parfaite, montre des progrès encourageants. Pourtant, un exercice par an est-il suffisant face à une menace qui évolue à toute vitesse ? Le Bénin doit aller plus loin : multiplier les simulations, intégrer des partenaires étrangers beaucoup plus aguerris, et communiquer davantage sur les résultats. Une transparence accrue pourrait aussi dissuader les ennemis potentiels en affichant une détermination sans faille.

Vers un modèle régional ?
Metropolis 2025 pourrait inspirer d’autres nations ouest-africaines confrontées aux mêmes défis. Si le Bénin parvient à affiner cette formule (un savant mélange de préparation militaire et d’engagement social), il pourrait devenir un exemple dans une région en quête de stabilité. Pour l’heure, sur la plage de Ouidah, les vagues ont repris leur calme, mais l’écho de cet exercice résonne comme un message clair : le Bénin est prêt à se battre, sur tous les fronts. Reste à transformer cette démonstration en une véritable muraille contre l’insécurité.
Yêdafou KOUCHÉMIN



