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Mise en œuvre du Projet WACA : Ousmane Diagana, vice-président de la Banque Mondiale en visite au Bénin

  • Les doléances du Bénin à l’institution pour la lutte contre l’érosion côtière et la préservation de l’écosystème à Gbèkon

En visite au Bénin, le vice-président la Banque Mondiale, Ousmane Diagana s’est rendu, dimanche 31 octobre, sur les sites de mise en œuvre du Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) à Grand-Popo. Financé par le Groupe de la Banque Mondiale, ledit programme vise à limiter les impacts négatifs de l’érosion côtière sur le littoral béninois. Une occasion saisie par le gouvernement du Bénin pour solliciter une fois encore l’organisation financière mondiale le renforcement de son appui pour la durabilité des travaux.

Accompagné du Préfet du département du Mono, Bienvenu Dêdêgnon Milohin, le vice-président de la Banque Mondiale, Ousmane Diagana a notamment visité le site de Gbèkon. Le projet WACA y a réalisé des travaux de protection d’urgence pour stabiliser sur plusieurs mètres, la rive sud du fleuve Mono. Ils ont permis l’ouverture mécanique de l’embouchure de la rivière. Ce qui facilite un écoulement régulier des eaux fluviales vers l’océan pendant les fortes pluies évitant ainsi l’inondation de 52 villages regroupant 3 652 ménages situés le long du fleuve. Au total, les travaux de dragage et de stabilisation de la berge du fleuve ont un gain environnemental, économique, culturel et cultuel. En effet, ils contribuent, entre autres, à la sauvegarde de la Place du 10 janvier de Grand-Popo. Cette place accueille à chaque fête du vodoun plus de 25 000 adeptes et touristes. Par ailleurs, l’intervention du projet WACA sur le site favorisent le maintien des activités génératrices de revenus des communautés riveraines. Toutefois, il ne s’agit là que de travaux d’urgence pour parer au plus pressé.

« Ce qui a été fait est très encourageant, mais la problématique est beaucoup plus grande et par conséquent, il faut travailler dans la durée pour apporter une solution qui permette à ce que ces communautés et cet endroit qui est si riche sur le plan culturel et cultuel puissent être protégés », souligne le vice-président de la Banque Mondiale, Ousmane Diagana après sa visite du site.

Travailler pour la durée

Pour sécuriser de manière durable le site, un important investissement est nécessaire et retenu par le projet WACA. Selon les explications des responsables dudit projet, les réalisations prévues pour un minima de durabilité de 50 ans, consiste en un dragage permettant un gain d’au moins 250 mètres de berge. Ensuite le long de la berge bénéficiera d’un revêtement définitif (enrochement) et d’une revégétalisation de l’espace gagné. Cette dernière intègre la place du 10 janvier et la réhabilitation du podium qui s’y trouve. En dehors du règlement des problèmes d’inondation de l’arrondissement et d’érosion de la berge du fleuve, d’autres infrastructures dont un embarcadère permettront de redonner durablement vie aux activités économiques, culturelles et touristiques dont jouissait la zone par le passé.

L’atteinte des trois objectifs (environnemental, économique et culturel) visés par les travaux nécessite la mobilisation d’un montant de 11 millions d’euros, selon le docteur Moussa Bio Djara, spécialiste technique littoral du Projet WACA – Unité de Gestion des Projets (UIGP). Le Bénin n’en dispose actuellement que 2,5 millions d’euros et devra mobiliser un financement complémentaire.

La doléance du gouvernement

Pour Bienvenu Milohin, préfet du département du Mono, c’est un projet important pour le gouvernement et la commune de Grand-Popo. Après l’intervention d’urgence, il est impératif d’aller plus loin, d’où le besoin de renforcer les 2 millions 500 d’euros disponibles à travers des fonds complémentaires. « Nous souhaitons plaider auprès de nos partenaires légitimes que vous êtes afin de nous aider à mobiliser le gap pour régler sur la durabilité cette situation. Nous voulons vraiment compter sur vous pour porter ce message auprès de l’institution », a-t-il souligné à l’endroit de l’hôte du Bénin.

Le vice-président de la Banque Mondiale, Ousmane Diagana, note en effet un problème grave au niveau du site. Selon lui, il s’agit de faire en sorte que les populations soient résilientes par rapport aux changements climatiques et saisir les opportunités qui y sont liées afin de développer des activités génératrices de revenus. « Compte tenu de la valeur culturelle et cultuelle de cette région, ce qui est en train d’être proposé ici est digne de considération », déclare-t-il. Il promet donc la poursuite de la collaboration entre le Bénin et la Banque Mondiale, dans le cadre du partenariat qui les lie, pour supporter les populations et favoriser le développement économique de la zone.

Jesdias LIKPETE

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