Période de trêve politique : Édouard Loko appelle les médias à se réinventer

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée au Bénin à travers une cérémonie officielle organisée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), le président de l’institution, Édouard Loko, a interpellé les professionnels des médias sur leurs responsabilités dans un contexte marqué par la trêve politique.
Placée sous le thème « Façonner un avenir en paix », la rencontre a réuni responsables de presse, journalistes et autorités publiques autour des défis actuels du secteur. Au cœur des échanges, la question du contenu éditorial dans un environnement où l’expression politique partisane est encadrée par la loi.
Prenant la parole, Édouard Loko a tenu à clarifier les limites imposées aux médias durant cette période. Il a rappelé que la trêve politique, instaurée pour six ans sur un mandat présidentiel de sept ans, ne doit en aucun cas conduire les organes de presse à se substituer aux partis politiques réduits au silence. Pour lui, ce contexte appelle une évolution profonde des pratiques journalistiques.
« Nous avons habitué notre public à la polémique politique. Aujourd’hui, avec la trêve politique, il nous faut repenser notre modèle », a-t-il affirmé, soulignant les dérives d’un paysage médiatique longtemps structuré autour des débats politiques parfois conflictuels.
Face à cette nouvelle donne, le président de la HAAC invite les rédactions à diversifier leurs contenus. Il encourage un recentrage sur des thématiques à forte utilité sociale, telles que le développement, l’éducation, l’économie, la citoyenneté ou encore la cohésion sociale. L’objectif, selon lui, est de répondre aux attentes d’un public en quête d’informations constructives et de repères dans un contexte apaisé.
Au-delà des contenus, Édouard Loko a également évoqué les mutations profondes qui traversent le secteur des médias. Entre transformations technologiques et contraintes économiques, il estime nécessaire d’engager une réflexion collective sur les mécanismes de soutien de l’État à la presse, afin d’accompagner son adaptation.
Dans cette perspective, il a annoncé que les prochaines éditions de la Journée mondiale de la liberté de la presse pourraient être organisées à la Maison des médias. Une initiative qui vise à renforcer l’appropriation de cet espace par les professionnels et à en faire un cadre d’échanges durable sur l’avenir du journalisme au Bénin.
Ambroise AMETOWONA



