
En prélude à la Journée internationale des volontaires, célébrée le 5 décembre, les Maisons des jeunes de Tori et d’Allada ont abrité, la semaine écoulée, une série de rencontres citoyennes. Initiées par l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe), ces séances ont mis en lumière le rôle central du volontariat dans la lutte contre les violences basées sur le genre (Vbg) et dans l’autonomisation des femmes.
A Tori comme à Allada, Colombe Doyigbé a rappelé l’importance du volontariat comme outil de sensibilisation et d’accompagnement des femmes dans l’accès à leurs droits et à l’emploi. Face à un public majoritairement jeune, la responsable du volontariat à l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) a détaillé les différentes formes de violences, les mécanismes de dénonciation ainsi que les dispositifs institutionnels de protection. Selon elle, la dépendance économique demeure l’un des principaux facteurs de vulnérabilité. « C’est souvent parce qu’elles ne disposent pas de revenus et dépendent entièrement de leurs conjoints que certaines femmes deviennent exposées aux violences », a-t-elle expliqué.
A travers le projet Volontariat pour la promotion de l’éducation de la femme (Vpef), l’Anpe forme ainsi des femmes à des activités génératrices de revenu (Agr) afin de renforcer leur autonomie financière, considérée comme une réponse durable aux Vbg. Déjà déployé dans cinq communes avec soixante volontaires, ce programme a été largement présenté au public. Colombe Doyigbé a saisi l’occasion pour encourager les femmes artisanes présentes à consolider leurs activités pour gagner en indépendance.
De plus, la responsable du volontariat à l’Anpe a rappelé l’existence de mécanismes institutionnels tels que l’Institut national de la femme (Inf), les tribunaux spécialisés et les lois réprimant les violences faites aux femmes. Elle n’a pas occulté de mettre l’accent sur la nécessité de renforcer la répression des violations des droits des femmes et de mieux faire connaître les formes de violences psychologiques et économiques, souvent invisibles.
Volontariat et engagement citoyen : un moteur de changement
En présence de Frédérick Tsatsu, Volontaire de solidarité internationale, Colombe Doyigbé a souligné la valeur stratégique du volontariat : une action libre, non rémunérée, mais formatrice. Les deux intervenants ont distingué le volontariat structuré du bénévolat informel, indiquant que les jeunes y trouvent à la fois un moyen de servir la société et une opportunité de développer leurs compétences. Tout en invitant les jeunes à incarner les valeurs de paix, de discipline et de solidarité dans leurs missions, ils ont mis un accent particulier sur l’éthique du volontaire : respect, neutralité, transparence, honnêteté et responsabilité.
En contrepartie, a précisé Colombe Doyigbé, les volontaires bénéficient de formations, d’une allocation de subsistance, d’un congé annuel et d’une attestation officielle en fin de mission. Elle a affiché son optimiste quant à l’impact croissant du Vpef sur la réduction des Vbg. Saisisant l’opportunité de ces séances, elle a présenté à l’assistance les programmes de l’Anpe dédiés à l’insertion professionnelle des jeunes. La directrice des ressources humaines de l’Anpe a exposé les dispositifs phares : le Programme d’appui à l’emploi indépendant ; le Partenariat décentralisé pour l’emploi ; le Programme de perfectionnement, reconversion et requalification des demandeurs d’emploi ; le Programme spécial d’insertion dans l’emploi ; et Azoli, volet du Projet d’inclusion des jeunes.
Pour l’Anpe, ces initiatives visent à offrir aux jeunes des opportunités concrètes d’insertion professionnelle, tout en renforçant leur engagement citoyen à travers le volontariat.
Antou BADOU



