FARI 2025 : Cotonou, capitale de l’innovation africaine

FARI 2025 fait de Cotonou le cœur battant de l’innovation ouest-africaine. En réunissant talents et décideurs, il trace la voie d’un avenir durable. Le Bénin brille, mais le défi est collectif. La région doit transformer ces idées en réalité économique.
Du 5 au 9 mai, Cotonou accueille la 2e édition du Forum Africain pour la Recherche et l’Innovation (FARI 2025). Co-organisé par la CEDEAO et le gouvernement béninois, cet événement majeur célèbre les 50 ans de la CEDEAO. Thème : « Jeunesse africaine, innovation et entrepreneuriat : bâtir un avenir durable ». Réunissant jeunes, chercheurs et décideurs, FARI 2025 positionne le Bénin comme un hub d’innovation régionale.
Le 5 mai, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a lancé les festivités au nom du président Patrice Talon. Présidents d’institutions, ministres et experts de la CEDEAO étaient présents. « La science est cruciale pour la croissance de l’Afrique », a déclaré Fatou Sow Sarr, Commissaire CEDEAO pour le Développement humain. Une conférence inaugurale, animée par l’ex-Premier ministre Lionel Zinsou, a exploré le rôle de la jeunesse dans l’innovation. La cérémonie s’est conclue par une visite des stands d’exposition.
FARI 2025 s’étend sur cinq jours à la Place de l’Amazone. Ateliers, panels et compétitions de start-ups rythment l’événement. Les jeunes de l’espace CEDEAO présentent leurs innovations. Un concours régional, clos le 28 février, récompense les trois meilleures start-ups. Les activités mêlent science, commerce, tourisme et culture. L’objectif : valoriser les produits de recherche et stimuler l’entrepreneuriat. Cotonou devient une vitrine régionale.
Un tournant stratégique
Le forum répond à un défi clé : exploiter le potentiel de la jeunesse africaine. Avec 60 % de la population ouest-africaine âgée de moins de 25 ans, l’innovation est un levier de développement. FARI 2025 promeut des solutions durables face aux crises climatiques et économiques. Les start-ups exposent des technologies vertes et numériques. Les décideurs discutent de politiques scientifiques inclusives. Le Bénin, hôte dynamique, renforce son image de leader régional.
FARI 2025 n’est pas qu’un forum. Il incarne une ambition : faire de l’Afrique de l’Ouest un pôle d’innovation. La CEDEAO, malgré les tensions avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, mise sur la science pour unir. Le choix de Cotonou, après Lomé en 2022, reflète le dynamisme béninois. Les réformes numériques et les projets comme le port de Cotonou attirent l’attention. Mais des défis persistent. Le financement des start-ups reste limité. L’éducation scientifique doit s’intensifier.
FARI 2025 est une réussite symbolique. Il place la jeunesse au cœur du progrès. Pourtant, le passage des idées aux actions concrètes reste incertain. Les start-ups ont besoin de capitaux et de marchés. Les États doivent harmoniser leurs politiques. Le Bénin, en accueillant ce forum, envoie un signal fort. Mais sans suivi, l’élan risque de s’essouffler. FARI doit devenir un catalyseur durable, pas un feu de paille.
Yêdafou KOUCHÉMIN



