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Restitution des biens culturels au Bénin : Le comité scientifique national désormais au complet

Le Bénin renforce son processus de restitution de ses biens culturels. Par un acte pris en mars 2026, le chef de l’État Patrice Talon a procédé à la nomination des membres du Comité scientifique national de restitution des biens culturels. Cette instance, composée de six experts et représentants institutionnels, est chargée d’assurer la conduite technique et scientifique du retour des œuvres patrimoniales conservées à l’étranger.

La mise en place effective de ce comité marque l’entrée du processus dans une phase plus opérationnelle. Créé pour encadrer un chantier à la fois sensible et stratégique, l’organe aura pour mission d’identifier, de documenter et d’accompagner, selon des standards scientifiques rigoureux, la restitution des biens culturels béninois.

La présidence du comité a été confiée à Alain Godonou, représentant de la Présidence de la République, reconnu pour son expertise dans le domaine du patrimoine. Il sera épaulé par deux rapporteurs issus de ministères clés. Djimmy Djiffa Edah, directeur du patrimoine culturel, occupe le poste de premier rapporteur, tandis que Franck Armel Afoukou, représentant du ministère des Affaires étrangères, assure les fonctions de deuxième rapporteur.

Autour de ce noyau, le comité intègre des personnalités de référence du monde culturel et académique. Paul Akogni, spécialiste du patrimoine culturel immatériel, apportera son expertise sur les dimensions non matérielles du patrimoine. L’historien de l’art Didier Houénoudé, connu pour ses travaux sur la circulation et la spoliation des biens culturels africains, figure également parmi les membres. À leurs côtés, Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art, contribuera par sa connaissance des enjeux contemporains liés à la restitution et à la médiation culturelle.

Un dispositif pour structurer une priorité nationale

Conformément aux dispositions réglementaires, la mise en œuvre du décret repose sur une coordination entre plusieurs ministères. Le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, celui des Affaires étrangères ainsi que le ministère de l’Économie et des Finances sont chargés d’en assurer l’exécution. Le texte a d’ailleurs été contresigné par Romuald Wadagni, Olushegun Adjadi Bakari et Alimatou Shadiya Assouman, alors ministre intérimaire en charge de la Culture.

Avec cette architecture institutionnelle, le gouvernement béninois se dote d’un véritable bras technique pour traduire ses engagements politiques en actions concrètes. Le comité aura un rôle clé dans la structuration des démarches, la production de données fiables et la crédibilité du processus auprès des partenaires internationaux.

Ambroise AMETOWONA

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