Coup d’État au Niger : Guillaume Soro appelle aux négociations et interpelle la CEDEAO

Dans un communiqué publié ce dimanche 13 août 2023, l’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro adresse une exhortation aux putschistes et à la CEDEAO en vue de résoudre la crise qui secoue le Niger depuis le renversement du président Bazoum le 26 juillet dernier.
Guillaume Soro, connu pour son rôle actif dans la politique ivoirienne, prend la parole dans un moment crucial pour la stabilité de la région. Dans un contexte où l’option militaire gagne en ampleur au sein de la CEDEAO, l’ancien leader politique en exil met en avant l’importance du dialogue et de la diplomatie pour parvenir à un retour durable à la paix.
Appel à la retenue face à l’option militaire
L’attention de la communauté internationale s’est récemment portée sur les développements en cours au Niger, caractérisés par les plans de la CEDEAO visant à déployer une opération militaire pour rétablir le président déchu Mohamed Bazoum. Cependant, Guillaume Soro souligne avec insistance que l’utilisation de la force militaire ne devrait pas être envisagée comme une option prioritaire.
Dans le communiqué intitulé « Préserver la stabilité régionale par le dialogue au Niger », Soro déclare : « Nous observons avec inquiétude les développements récents, caractérisés notamment par l’intention de la CEDEAO de lancer une opération militaire pour rétablir le président Mohamed Bazoum. L’emploi de la force militaire ne doit pas être une option à considérer ».
Un appel à la négociation et à la diplomatie
Affichant sa solidarité envers le peuple du Niger, Guillaume Soro exhorte toutes les parties impliquées à privilégier le dialogue et la diplomatie pour parvenir à un accord et rétablir la stabilité dans le pays. Sa proposition s’inscrit dans la lignée d’une résolution pacifique de la crise, mettant ainsi en avant les valeurs de dialogue et de compréhension mutuelle.
Tandis que les débats font rage au sein de la CEDEAO concernant l’approche à adopter pour rétablir la légitimité présidentielle au Niger, l’organisation régionale a confirmé lors de son deuxième sommet extraordinaire le 10 août dernier l’option militaire tout en laissant la porte ouverte à d’éventuelles négociations pacifiques. Les États membres envisagent l’envoi de troupes pour confronter les putschistes et rétablir le président déchu dans ses fonctions. Une réunion des chefs d’État-major était programmée pour le 12 août à Accra, mais a été reportée pour des raisons techniques.
Poursuites judiciaires contre Mohamed Bazoum
D’autre part, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le Général Abdourahmane Tchiani à la tête des putschistes, a annoncé le 13 août des poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien président Mohamed Bazoum. Les charges retenues à son encontre comprennent la haute trahison ainsi que des atteintes à la sûreté intérieure et extérieure du Niger.
En conclusion, Guillaume Soro émet un appel pressant à la résolution de la crise nigérienne par le dialogue et la diplomatie, tandis que la CEDEAO oscille entre l’option militaire et la possibilité de négociations pacifiques. L’avenir du Niger reste incertain, mais les voix de la négociation semblent gagner en écho dans cette quête pour la stabilité.



