Coup d’Etat au Niger : Le Nigeria suspend son approvisionnement en électricité

La République fédérale du Nigéria a coupé son approvisionnement en électricité au Niger. Cette mesure fait partie des sanctions décidées par les voisins ouest-africains du Niger, suite au coup d’Etat orchestré.
La nouvelle a été rendue public ce mercredi 2 août. Le Nigeria a coupé son approvisionnement en électricité au Niger. Ceci s’inscrit en ligne avec les sanctions décidées par les voisins ouest-africains du Niger déstabilisé par un putsch, a appris ce mercredi l’AFP de source proche de la direction de la Société nigérienne d’électricité (Nigelec). « Le Nigeria a déconnecté depuis hier (mardi) la ligne haute tension qui transporte l’électricité au Niger », a déclaré cette source. Un agent de la Nigelec a de son côté indiqué que la capitale, Niamey, était « alimentée grâce à la production locale ».
En effet, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), présidée par le président nigérian Bola Tinubu, a décidé dimanche dernier, d’appliquer des sanctions contre les putschistes qui ont renversé le président élu Mohamed Bazoum le 26 juillet. En plus d’un ultimatum d’une semaine pour rétablir l’ordre constitutionnel et la suspension des transactions financières avec le Niger, la CEDEAO a décrété le gel de « toutes les transactions de service, incluant les transactions énergétiques ».
D’après la Nigelec – seul fournisseur du pays -, en 2022, 70% de la part d’électricité au Niger provenait de l’achat à la société nigériane Mainstream. L’électricité est produite par le barrage de Kainji (ouest du Nigeria). De nombreux quartiers de la ville de Niamey sont en temps normal soumis à des coupures d’électricité et la décision du Nigeria va aggraver cette situation.
Pour s’affranchir de sa forte dépendance énergétique au Nigeria voisin, le Niger s’active à achever d’ici à 2025 son premier barrage, sur le fleuve du même nom. À quelque 180 km en amont de Niamey, le barrage de Kandadji doit générer annuellement 629 gigawattheure (GWh).
Le Niger, un des pays les plus pauvres du monde, est dépendant de ses partenaires étrangers dans de très nombreux domaines. « Les sanctions feront très mal à notre pays », avait dit le Premier ministre nigérien Ouhoumoudou Mahamadou dimanche sur France 24, au moment où celles-ci se multiplient internationalement.
Mariette DOMINGO



