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Présidentielle 2026 au Bénin : Wadagni intensifie sa stratégie de proximité avec les forces vives

À la veille du lancement officiel de la campagne électorale, Romuald Wadagni intensifie sa présence sur le terrain. Le candidat de la mouvance présidentielle enchaîne les rencontres avec les différentes couches socio-professionnelles, dans une stratégie assumée de proximité visant à affiner son projet et à capter les attentes des populations, sous le slogan « Plus loin, ensemble ».

Alors que la pré-campagne bat son plein, Romuald Wadagni intensifie les rencontres avec les forces vives. Le lundi 23 mars 2026, le candidat de la mouvance présidentielle a effectué une descente remarquée à l’Université d’Abomey-Calavi. Face aux étudiants, le candidat a reconnu les insuffisances du système universitaire, admettant que ce secteur a été l’un de ceux où les investissements ont été « les moins visibles » ces dernières années. Une prise de position qui tranche avec les discours habituels et qui vise à crédibiliser sa volonté de réforme.

Pour corriger ces faiblesses, Romuald Wadagni annonce un plan d’investissements d’envergure, soutenu par une enveloppe de 300 millions de dollars mobilisée auprès de la Banque mondiale. L’objectif est d’améliorer concrètement les conditions de vie et d’étude sur les campus, avec des mesures telles que la mise en circulation de bus universitaires dès juin, la rénovation des résidences et une refonte du système de restauration.

Au-delà des infrastructures, le candidat défend une réforme structurelle de l’enseignement supérieur, centrée sur l’employabilité. Il ambitionne de réorienter jusqu’à 70 % des parcours vers des filières techniques et professionnelles, afin de répondre aux besoins des secteurs porteurs comme l’agriculture, le numérique et la santé. Cette vision s’inscrit dans une logique plus large de suivi des jeunes, de la formation jusqu’à l’insertion professionnelle, avec l’objectif de lever les freins à l’emploi.

Dialogue avec les forces productives

Dans le même élan, le 24 mars à Cotonou, Romuald Wadagni a échangé avec des producteurs, éleveurs et femmes des marchés. Cette rencontre, organisée au Majestic de Cadjèhoun, a permis de dresser un diagnostic précis des difficultés rencontrées par ces acteurs économiques, notamment l’accès limité au financement, la précarité des revenus et l’exposition aux aléas climatiques.

Face à ces défis, le programme du candidat prévoit des réponses structurelles. Parmi elles, la création d’un fonds de prévoyance et d’une retraite agricole, ainsi que la mise en place d’une assurance récolte destinée à sécuriser les exploitations. L’ambition est de transformer progressivement les activités agricoles en véritables entreprises résilientes et pérennes.

L’un des axes majeurs de cette stratégie repose sur la digitalisation de la microfinance. Le projet prévoit la création d’une Plateforme nationale d’inclusion financière, permettant d’obtenir des crédits en ligne en moins de 48 heures, pour des montants allant de 50 000 à 50 millions de FCFA. Ce dispositif vise à lever les barrières administratives et à démocratiser l’accès au financement pour les petits entrepreneurs.

Valorisation des artisans et du savoir-faire local

Les artisans n’ont pas été en reste dans cette tournée. Dans ses prises de parole, le candidat met en avant la nécessité de valoriser le savoir-faire local et de favoriser la montée en gamme des productions béninoises. Il ambitionne de voir les artisans du pays s’imposer sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs de la mode, de la maroquinerie ou de la décoration, tout en renforçant leur participation aux projets publics.

Pour appuyer son discours, Romuald Wadagni mobilise également son parcours personnel. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il revient sur son immersion précoce dans les métiers manuels, affirmant avoir appris dès l’âge de 11 ans la mécanique, la maçonnerie, ainsi que l’agriculture et l’élevage. Il souligne également son expérience actuelle d’exploitant agricole à Comè et à Savalou, qu’il présente comme un ancrage concret dans les réalités du terrain.

À travers cette offensive tous azimuts, le candidat de la mouvance présidentielle incarne une continuité des réformes économiques engagées sous Patrice Talon, tout en proposant une inflexion vers une croissance plus inclusive. En multipliant les échanges directs avec les citoyens, il tente de construire une relation de confiance et de transformer son projet en une offre politique ancrée dans les réalités quotidiennes.

Alors que la campagne s’ouvre officiellement le 27 mars, cette stratégie de proximité apparaît comme un levier central pour mobiliser l’électorat. Dans un contexte de recomposition politique et de concurrence accrue, chaque interaction de terrain devient un enjeu décisif pour convaincre et fédérer autour de sa candidature.

Ambroise AMETOWONA

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