RDC : Plusieurs morts dans une embuscade, dénonce HRW

Plusieurs personnes ont perdu la vie cette semaine lors d’une embuscade tendue par des hommes armés dans l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC). Ce dernier incident s’inscrit dans le contexte d’un conflit communautaire qui a déjà fait plusieurs centaines de morts au cours de l’année écoulée, selon un rapport publié jeudi 29 juin par l’organisation Human Rights Watch (HRW).
D’après HRW, l’embuscade s’est déroulée lundi 26 juin 2023 dernier près du village de Mulunu, dans le territoire de Kwamouth, situé dans la province de Maï-Ndombe, au nord-est de Kinshasa. Des miliciens se faisant appeler « Mobondo » ont attaqué un camion transportant principalement des commerçants de la communauté Teke. Les assaillants ont ensuite incendié le véhicule, causant la mort d’un nombre encore indéterminé de personnes.
Ce conflit communautaire a débuté en juin 2022 entre les communautés Teke et Yaka. Les Teke, considérés comme les habitants originaires et propriétaires des villages le long du fleuve Congo sur une distance d’environ 200 kilomètres, ont vu arriver les Yaka qui se sont installés après eux. La tension a augmenté lorsque de nombreux fermiers, principalement Yaka, ont rejeté une augmentation de la redevance coutumière imposée par les chefs Teke.
Violences généralisées et échec des forces de sécurité
Les groupes se faisant appeler Mobondo ont recruté principalement parmi les communautés non originaires telles que Yaka, Suku, Mbala, Ndinga et Songo, et ont ciblé les villageois Teke avec des armes blanches et à feu. Malgré les opérations menées par les forces de sécurité congolaises, la violence persiste et les autorités peinent à y mettre fin.
Ces violences ont déjà causé la mort de « centaines » de personnes et poussé « des milliers » d’autres à fuir leur domicile. La situation a également perturbé le système éducatif, empêchant de nombreux élèves de passer leurs examens de fin d’année. De plus, le recensement des électeurs en vue des élections prévues en décembre a été entravé. HRW déplore l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les auteurs et les instigateurs présumés des crimes, soulignant que des assaillants ayant déjà commis des exactions ont été transférés dans des centres de formation militaire sans avoir fait l’objet d’un examen approfondi de leur profil.
Face à cette situation, HRW demande au gouvernement de la RDC de prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux violences communautaires. L’organisation insiste sur l’importance d’établir une véritable responsabilité pour les auteurs de ces crimes et d’assurer une médiation équitable entre les communautés en conflit.
Kevin da-SILVA



